Carte postale gourmande de Madrid

Je vous invite aujourd’hui à découvrir la capitale espagnole à travers une nouvelle carte postale gourmande. Explorée à l’occasion des fêtes de fin d’année Madrid est une destination  qui grouille de monde à cette période de l’année d’autant que les festivités s’y déroulent jusqu’au 6 janvier, jour de l’Epiphanie. C’est au petit matin de cette journée fériée en Espagne que les enfants découvrent leurs cadeaux apportés par les rois mages durant la nuit.

Un petit point transports pour débuter. Si vous arrivez à Madrid par avion vous disposez de plusieurs options pour vous rendre au centre ville. Le Bus Express a l’avantage de rallier Madrid pour 5 euros et propose plusieurs arrêts dont la Plaza de Cibeles et la Gare d’Atocha. Cette option évite les changements et est parmi les moins coûteuses. Une fois  sur place il est possible de parcourir l’essentiel du centre ville à pieds. Il existe des cartes de transports multiple dont la plus intéressante semble être celle proposant 10 places utilisables par plusieurs personnes. Quant au logement vous aurez l’embarras du choix!

Richard Estes « Nedick’s » (1970)

Les amateurs d’arts ne seront pas déçus par le nombre de musées de qualité de la capitale espagnole. Parmi les immanquables figurent notamment le Museo Thyssen- Bornemisza qui propose de découvrir les 1000 œuvres collectionnées par la famille d’industriels allemands Thyssen. Cette collection propose un vaste panorama de la peinture internationale du XVIeme au XXeme siècle terminant sur les superbes peintures hyperréalistes de Richard Estes. La collection est tellement dense qu’il est bienvenu de faire des choix. Petit détail qui peut sembler anecdotique mais qui s’est révélé extrêmement utile : le musée dispose d’un vestiaire où il est possible de déposer gratuitement des valises le temps de la visite et même au-delà. Il est donc aisé d’aller visiter le musée Thyssen dès la descente du Bus Express, d’y laisser les bagages quitte à ne les reprendre qu’après avoir arpenté les alentours en surveillant bien sûr l’heure de fermeture du musée ! Cela laisse le temps par exemple daller arpenter le magnifique Parc du Retiro ou d’aller découvrir le Jardin Tropical à l’intérieur de la Gare d’Atocha. Les plus ambitieux pourront tenter d’explorer Le musée du Prado tout proche, mais découvrir les deux musées le même jour me semble ambitieux ! C’est également dans le quartier des Arts que se trouve le Museo Reina Sofia qui accueille depuis 1992 le chef d’œuvre de Picasso « Guernica ». Il mérite à lui seul le détour. Le musée est installé dans un ancien hôpital dont une extension a été réalisée par Jean Nouvel. C’est d’ailleurs par ce bâtiment dit « Nouvel » que je vous conseille d’entrer car la queue y est beaucoup moins importante que du côté Sabatini. Il est par ailleurs essentiel d’anticiper sur votre planning de visites afin d’acheter à l’avance sur les sites internet des musées vos entrées. Alors je sais, ça fait prof en voyage scolaire de planifier tout ça, mais nous n’avons grâce à cela jamais fait la queue et mes compagnons de route ne s’en sont pas plaints!

Au nord du quartier des arts vous ne manquerez pas d’arpenter le nez en l’air la Gran Via. On se croit à New York face à certains de ses buildings bâtis dès le milieu des années 20. Parmi les plus remarquables je citerai le Metropolis qui marque l’entrée de la Gran Via côté place de Cibeles (elle-même dominée par le superbe Metro Metro), le Capitol qui a des airs de l’Iron Flat new yorkais ou encore le Telefonica. Ce dernier fut au moment de sa construction l’immeuble le plus élevé d’Européens avec ses 15 étages culminants à près de 90 mètres.  Férue d’architecture et d’urbanisme j’aurais été ravie d’en découvrir un peu plus sur les modifications connues par Madrid dans les années 1920-1930 en allant visiter le Musée d’histoire de Madrid. Ce dernier, gratuit, propose des documents intéressants et variés offrant un panorama de l’histoire de la ville entre le XVIe siècle et 1910 seulement… La période dorée en somme permettant de découvrir la toute-puissance de la capitale des Habsbourg puis des Bourbons. Ne manquez notamment pas la salle consacrée aux violences commises par les troupes de Napoléon en 1808 en mémoire desquelles Goya a peint ses célèbres « Dos » et « Tres de Mayo » (plaque commémorative sur la plaza de la porta del sol). Les caricaturistes espagnols se sont chargés de rappeler la rancœur de l’opinion publique à son égard… Rien par contre sur la fondation Madrid et encore moins sur les années 20 ou la dictature franquiste. Mais le musée vaut néanmoins le détour pour la qualité de ses documents et le calme qui y règne loin de la cohue des rues et places environnantes.

Pour trouver un peu de calme et changer d’ambiance architecturale le quartier de Lavapiès s’offre aux plus curieux. Le plus ancien quartier de Madrid accueille un marché aux puces le dimanche matin : le Mercado del Rastro. Au fil de ses rues vous découvrirez des immeubles de plus petite taille le long de rues déjà bien organisées débouchant sur des places animées. Boutiques et restaurants y sont regroupés par communautés car le quartier accueille une population d’horizons variés. Du côté de la Plaza Mayor et de l’Hôtel de ville on sent davantage l’influence architecturale des Habsbourg qui ont longtemps régné sur l’Espagne… Des bâtiments de taille moyenne, mélange de briques et pierres. Au centre du quartier se dresse le joli et très en vogue Mercado San Miguel. Ne comptez pas pour autant faire vos petites courses ici car le lieu est dédié à la restauration autour de stands de spécialités souvent coûteuses à l’exemple du marché Torvehallerne de Copenhague évoqué ici. Les étals du Mercado Anton Martin sont plus proches de notre approche traditionnelle de ce lieu.

Comment finir cette carte postale de Madrid sans évoquer son Palacio Real ? Sur ses 3000 pièces seules une trentaine se visitent, mais alors quel festival ! Les décorations intérieures sont aussi flamboyantes que celles de l’extérieur sont austères ! Là encore pensez à réserver votre billet à l’avance pour éviter la queue. Plusieurs formules possibles avec ou sans les cuisines, en solo ou avec guide etc… Tout près de là se dresse le Teatro Real et la Catedral de la Almudena…. Dont la crypte aux 400 colonnes vaut le détour. La liste des sites remarquables madrilènes est encore longue et chacun, équipé d’un bon guide touristique, saura élaborer son programme idéal.

En ce qui concerne la restauration l’offre est également très variée. Il serait prétentieux de prétendre en faire le tour en quelques jours. La cuisine madrilène traditionnelle est finalement assez simple. De nombreux établissement proposent des tapas, tartines et autres bocadillos de qualité variable. Dans le quartier des musées la Taberna La Dolores (4 Plaza Jesus) offre dans un cadre traditionnel une carte de canapés et sandwich de qualité à des prix raisonnables dont une formule de 6 pièces a 15 euros. A arroser d’une d’une cervesa si le cœur vous en dit. Pour obtenir l’équivalent de nos demis traditionnels pensez à demander un « doblo » car la « cana » servie sans cette précision est de 20 centilitres. Outre le vin espagnol qui révèle bien des qualités la Sangria sera sans doute au rendez-vous durant votre séjour. Méfiance cependant car sa qualité est variable d’un établissement à l’autre.

Dans un autre style sur la Calle Mayor n’hésitez pas à pousser la porte du Restaurant del Principe (5 Plaza de Canalejas). La façade peut sembler un peu select, mais les prix sont tous doux au regard du cadre, du service et de la qualité des mets servis. Le Menu del Dia est à moins de 15 euros entrée-plat-dessert. La paella à 18,90 euros est goûteuse et si vous souhaitez découvrir le Cocino, pot au feu à la mode espagnole dont je vous reparlerai bientôt, l’endroit est parfait ! Le repas débute par une mise en bouche et se clôture sur un granité de citron offert par la maison, ce qui ne gâche rien.

Le Menu del Dia est à la carte de nombreux restaurants et c’est avant d’aller découvrir le Templo de Dendo que nous avons poussé par hasard de la sympathique Taberna La Cata. Entre Dolores et la Cata le nom  de ces restaurants est décidément trompeur ! Le Menu del Dia à 11 euros inclut entrée-plat-dessert et boisson. Le service est attentionné, le décor agréable et la cuisine de qualité. Quant au Templo de Dendo tout proche il est installé dans un parc depuis 1972 après que l’Égypte l’ait offert à l’Espagne pour son aide apportée au sauvetage du Temple d’Abou Simbel au même titre que les États-Unis ont récupéré ainsi le Temple de Dendra. Si les américains ont eu les moyens de construire une annexe au Metropolitan Museum pour accueillir leur temple, les espagnols ont mis près de 10 ans à le rapatrier pour le rebâtir pierre à pierre au cœur d’un joli parc planté de palmier pour que le temple ne soit pas dépaysé. L’entrée  est gratuite à condition de faire une longue queue… et là je n’ai pas d’astuce à vous proposer si ce n’est sans doute de venir à l’ouverture.

Pour en revenir à la cuisine madrilène sa rusticité se retrouve dans ses desserts dont le fameux Leche Frita dont je vous reparle bientôt également. Les desserts nous ont semblés souvent trop sucrés comme ce fut le cas de la Tarta de Santiago ou des Beignets d’Alcalá dégustés et qui n’ont pas ravis nos papilles curieuses mais pas trop fan d’excès de sucre ! Je ne peux clore cette carte postale gourmande de Madrid sans vous parler des Churros que vous trouverez aisément à déguster accompagnés du traditionnel chocolat chaud qui ressemble fort à son homologue italien dont je vous ai parlé ici. Essayez de privilégier les adresses qui proposent des Churros préparés devant vous qui seront un gage de qualité ! Dernière spécialité pour les palais sucrés : le Turron, mais là je passe la main car c’est trop de sucre pour moi… Si si, c’est possible !! Je dois tout de même bien avouer que ceux exposés dans la pittoresque vitrine de la confiserie Casa Mira Située 30 Calle Mayor m’ont fait de l’œil…

« L’ours et l’arbousier » symboles de Madrid sur la Plaza de la Puerta del Sol

Bien que non exhaustive cette Carte Postale Gourmande vous aura peut être donné envie d’aller découvrir Madrid. Si vous avez des adresses madrilènes à partager n’hésitez pas à laisser un petit commentaire ! A bientôt pour de nouvelles aventures culturelles et gourmandes…

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2 commentaires sur “Carte postale gourmande de Madrid

  1. Merci pour cette carte postale et tous ces souvenirs. Mon grand père habitait à Madrid, nous allions souvent là bas pour les vacances de Noel! pour un petit déjeuner top, je te conseille la pâtisserie « la mallorquina » et leur délicieuses « ensaïmadas » c’est si bon!!! pour la prochaine fois où tu y retournes!

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